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- Link: https://www.chirurgieorthopedique.com/chirurgie-orthopedique/traumatologie-du-ski-et-du-snowboard/
- Published: 2025-10-07T18:32:05+01:00
- Author: Benjamin0

![Traumatologie du Ski](https://www.chirurgieorthopedique.com/wp-content/uploads/
2025/10/Traumatologie-du-Ski-1030x579.jpg "Traumatologie du ski et du snowboard 
1")

## Traumatologie du ski et du snowboard

 La pratique des sports des neiges n’est pas sans risque. Près de 150 000 personnes
se blessent chaque année.

Chaque année, 8 millions de Français pratiquent le ski ou le snowboard. Cependant,
ces sports de glisse ne sont pas sans risque : on dénombre près de 150 000 blessés
par an. Les débutants sont particulièrement vulnérables, avec un risque d’accident
deux fois plus élevé durant leurs quatre premiers jours sur les pistes.

---

### **Quels sont les facteurs de risque ?**

#### **La vitesse**

La gravité des blessures est directement liée à l’énergie de l’impact, donc à la
vitesse. À titre indicatif, la vitesse moyenne d’un skieur en station se situe entre
30 et 60 km/h, mais peut atteindre 100 km/h pour un très bon skieur.

Cette vitesse a un impact direct sur la distance de freinage :

 * **9 mètres** pour s’arrêter à 25 km/h
 * **12 mètres** à 47 km/h
 * **Plus de 20 mètres** au-delà de 50 km/h

#### **Le matériel**

Bien que 8 % des blessures surviennent sur les remontées mécaniques, les **fixations
de ski** sont une cause majeure de traumatismes graves, en particulier au genou.
Un mauvais réglage peut provoquer un non-déclenchement lors d’une chute ou, à l’inverse,
un déclenchement intempestif.

---

### **Quelles sont les lésions les plus fréquentes ?**

Chaque année, les médecins de montagne prennent en charge environ 200 000 blessés,
dont **35 % pour des entorses** et **25 % pour des fractures**.

 * **Chez l’enfant**, les fractures sont plus fréquentes en raison de la fragilité
   des cartilages de croissance. Plus l’enfant est jeune, plus les fractures se 
   situent autour du genou, pouvant nécessiter des techniques chirurgicales très
   spécifiques.
 * **L’évolution du matériel**, avec des chaussures montantes, a modifié la nature
   des blessures : les fractures de la cheville ont laissé place à celles du **tibia
   et du péroné**, souvent plus complexes à consolider.
 * **Chez la femme**, la morphologie augmente le risque d’**entorse du genou**, 
   notamment la rupture du ligament croisé antérieur (LCA). Si cette lésion était
   typique de l’adulte, elle touche désormais aussi les enfants et requiert souvent
   une prise en charge chirurgicale adaptée.
 * **En snowboard**, les chutes étant souvent réceptionnées sur les mains, les traumatismes
   du membre supérieur prédominent : **fractures du poignet** et luxations de l’épaule
   ou du coude.

---

### **Quand les accidents surviennent-ils ?**

Un pic d’accidents est observé en début de journée. Il est souvent lié à plusieurs
facteurs combinés : un **manque d’échauffement**, la fatigue du voyage et une **
neige plus dure et verglacée** le matin.

![graphique sports hiver](https://www.chirurgieorthopedique.com/wp-content/uploads/
2020/04/graphique-sports-hiver.gif "Traumatologie du ski et du snowboard 2")

Un deuxième pic d’accidents survient en fin d’après-midi, généralement causé par
la fatigue, des pistes dégradées et une neige plus lourde et difficile à skier. 
De manière générale, les débuts et fins de séjour sont des périodes particulièrement
à risque.

---

### **Le genou : nouvelle cible des traumatismes au ski**

Grâce aux progrès du matériel (chaussures plus hautes et rigides, fixations de sécurité),
les fractures de la jambe et les entorses de la cheville sont devenues beaucoup 
plus rares. En contrepartie, les contraintes se sont déplacées plus haut, faisant
du genou l’articulation la plus exposée aux blessures.

Aujourd’hui, l’**entorse du genou**, et plus précisément la **rupture du ligament
croisé antérieur (LCA)**, est la blessure la plus fréquente et la plus redoutée 
des sports d’hiver, touchant les skieurs de tous les niveaux.

> 
> #### **L’entorse du genou en chiffres**
> 
>  * **33 %** : Elle représente un tiers de toutes les blessures sur les pistes.
>  * **x 3,5** : Les femmes ont un risque 3,5 fois plus élevé de subir cette blessure.
>  * **45 %** : Près de la moitié de ces entorses sont directement liées à un mauvais
>    réglage des fixations.

---

### **Pourquoi le genou est-il si exposé ?**

Plusieurs facteurs expliquent la hausse de la fréquence de cette lésion depuis les
années 80 :

 * **L’équipement moderne :** Les chaussures de ski, très rigides, protègent la 
   cheville mais reportent l’intégralité des forces de torsion sur le genou.
 * **Les fixations mal réglées :** C’est la cause principale. On estime que près
   de 50 % des fixations ne sont pas réglées selon les normes de sécurité.
 * **Les facteurs de risque féminins :** Le risque accru chez les femmes s’explique
   par des raisons anatomiques (bassin plus large, genoux plus en X, hyperlaxité
   ligamentaire) et une protection musculaire de l’articulation qui peut être moins
   développée.
 * **Le mécanisme de la chute :** Contrairement aux idées reçues, la rupture survient
   souvent à faible vitesse, lors d’une simple torsion ou d’une chute anodine (en
   descendant d’un télésiège, par faute technique…).
 * **Le manque de préparation physique :** Des muscles fatigués ou non préparés 
   protègent mal l’articulation, augmentant drastiquement le risque.

---

### **Quelles sont les conséquences d’une rupture du LCA ?**

Le ligament croisé antérieur est un stabilisateur essentiel du genou. Il ne cicatrise
que très rarement de lui-même. En l’absence d’un traitement adapté, les conséquences
à long terme sont sérieuses :

 * **Instabilité chronique** du genou, provoquant une gêne dans la vie de tous les
   jours.
 * **Risque élevé d’arthrose** précoce de l’articulation.
 * **Difficulté ou impossibilité de reprendre les sports à pivot** (ski, tennis,
   football, etc.).
 * **Appréhension psychologique** durable par peur d’une nouvelle blessure.

---

### **Prévention et Traitement**

L’entorse du genou n’est pas une fatalité. Deux gestes simples permettent de réduire
considérablement les risques :

 1. Une **préparation physique** débutée plusieurs semaines avant le séjour.
 2. Un **contrôle et réglage des fixations** par un professionnel chaque saison.

Lorsqu’une rupture du LCA est diagnostiquée, une **intervention chirurgicale** est
le plus souvent recommandée pour reconstruire le ligament, stabiliser le genou et
éviter les complications futures.

> _Pour en savoir plus sur la prise en charge chirurgicale de la rupture du ligament
> croisé antérieur…_

### **Les blessures du membre supérieur** 🤕

#### **Les lésions de l’épaule**

Toute chute sur l’épaule peut entraîner une fracture ou une déchirure ligamentaire.
Le diagnostic n’est pas toujours immédiat : la douleur, d’abord modérée, peut s’intensifier
fortement une fois au repos. C’est souvent l’apparition d’une incapacité à bouger
l’épaule (**impotence fonctionnelle**) qui pousse le skieur à consulter.

    - **La luxation acromio-claviculaire** C’est une perte de contact entre la clavicule
      et l’acromion (partie de l’omoplate), survenant lors d’une chute directe sur
      le côté de l’épaule. Selon la gravité, les ligaments sont soit distendus, 
      soit rompus. En cas de rupture, la clavicule remonte et forme une bosse caractéristique
      appelée « **touche de piano** ».
       * **Traitement :** Une simple immobilisation peut suffire si le déplacement
         est minime. Si la clavicule est trop ascensionnée, une **opération** est
         recommandée pour la repositionner et permettre aux ligaments de cicatriser
         correctement, évitant ainsi douleurs chroniques et gêne fonctionnelle.

 

 * **La fracture de la clavicule** Très fréquente, elle survient aussi après une
   chute sur l’épaule. Elle touche le plus souvent le milieu de l’os (**tiers moyen**).
   Le diagnostic, suspecté face à une déformation et une douleur précise à la palpation,
   est confirmé par radiographie. Des examens complémentaires (arthroscanner, IRM)
   sont parfois nécessaires pour rechercher des lésions associées.
    - **Traitement :** Le plus souvent, une **immobilisation par attelle pendant
      6 semaines** suffit. Une chirurgie peut être nécessaire en cas de déplacement
      majeur ou de complications vasculaires ou neurologiques. Pour les fractures
      proches de l’épaule (**quart externe**), la chirurgie est quasi-systématique
      pour éviter l’absence de consolidation (**pseudarthrose**).
 * **La luxation de l’épaule (articulation principale)** Il s’agit du **déboîtement**
   de la tête de l’humérus hors de la glène (cavité de l’omoplate). Après un premier
   épisode, l’épaule peut devenir instable, menant à des luxations ou subluxations(
   micro-déboîtements) à répétition. Le patient développe alors une **« appréhension»**:
   la peur de se déboîter l’épaule lors de gestes anodins.
    - **Traitement :** La répétition des luxations abîme l’articulation. La stratégie
      thérapeutique (rééducation ou chirurgie) est décidée au cas par cas, selon
      l’âge, le niveau sportif, le nombre d’épisodes et les lésions associées.

---

#### **Les lésions de la main et du poignet**

 * **L’entorse du pouce (le « pouce du skieur »)** Cette blessure est fréquente 
   et souvent sous-estimée. Le mécanisme typique est une chute où la dragonne du
   bâton emporte le pouce vers l’extérieur. La douleur sur le côté interne du pouce
   peut sembler mineure au début, mais la gêne s’aggrave les jours suivants.
 * > ⚠️ **Attention :** Une entorse grave du pouce non traitée rapidement peut laisser
   > des séquelles importantes (douleur chronique, perte de force). Une consultation
   > médicale précoce est essentielle.
 * **La fracture du scaphoïde** Cet os du poignet peut se casser lors d’une chute
   sur la paume de la main. La douleur étant peu intense, le diagnostic est souvent
   retardé. Le médecin l’évoque en retrouvant une douleur à la palpation d’un point
   précis du poignet (la « tabatière anatomique »). Le diagnostic tardif complique
   le traitement, car **cet os a une mauvaise cicatrisation naturelle**, rendant
   la chirurgie souvent nécessaire.

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### **Les autres traumatismes**

#### **Le traumatisme crânien** 🧠

Un choc violent contre la neige dure, un obstacle ou un autre skieur peut causer
des blessures graves (fractures des côtes, des vertèbres, du crâne). Le risque majeur
est l’apparition d’un **hématome cérébral**, qui peut survenir même plusieurs heures
après le choc et constitue une urgence chirurgicale vitale.

Le **port du casque** est indispensable pour limiter les conséquences, mais ne remplace
pas la prudence et la maîtrise de sa vitesse. Toute perte de connaissance ou comportement
anormale après une chute sur la tête impose une surveillance médicale immédiate.

---

### **Comment éviter les accidents de ski ?**

La traumatologie du ski et du snowboard n’est pas une fatalité. Comment prévenir
ces accidents ?

 

 